Point météo avec Will Harris

Pas beaucoup de manœuvres au programme cette fois-ci. Tout va se jouer sur la vitesse pure du bateau, du début à la fin : ce sera une course de vitesse sur la majeure partie du parcours.

Pour cette course, Will Harris sera chargé de la navigation. Son rôle consistera à orienter le bateau autant que possible dans la bonne direction et à élaborer notre stratégie en fonction des conditions météorologiques. Nous lui avons demandé de nous donner un aperçu de la situation de la course. 

« Nous commencerons mercredi matin à la lisière arrière d’un système dépressionnaire, et le temps va rapidement s’éclaircir. Mais pas de répit pour nous, car un autre système se forme déjà derrière, et d’ici vendredi, il traversera l’Atlantique Nord à grande vitesse. À cette période de l’année, sa trajectoire peut suivre deux directions : vers le nord-est, ou plus à l’est. Pour l’instant, un puissant courant-jet au-dessus de l’Europe occidentale le pousse résolument vers l’est, droit vers notre ligne d’arrivée en Bretagne.

D'ici dimanche, soit au bout de quatre jours, ce système aura atteint sa pleine maturité. Et pour nos bateaux à foils, c'est exactement le genre de vent qu'il nous faut.

Cette fois-ci, nous avons deux bateaux flambant neufs dans notre flotte, et à ces angles de grand largue, ils vont filer à toute vitesse. Notre objectif est d’être plus rapides qu’eux, ou au moins de leur tenir tête, pour pouvoir les talonner à l’approche de la ligne d’arrivée.

Mais honnêtement, le scénario le plus probable est que nous soyons tous à fond, tous à moins d'une heure les uns des autres à l'approche de l'ouest de la France. Ensuite, tout se jouera dans un véritable duel acharné, par vents faibles, juste à la fin. Cela pourrait bien être le moment décisif de toute la course. Ça risque d'être du suspense à l'état pur.

Moins de manœuvres, cela signifie que tout repose sur la routine de l'équipage : maintenir le bateau à 100 % de ses capacités à tout moment. Ce n'est pas facile. Cela demande beaucoup d'efforts de la part de chacun d'entre nous : il faut se donner à fond en permanence, effectuer nos vérifications, trouver les meilleurs réglages et veiller à ce que tout cela tienne sur six ou sept jours de traversée de l'Atlantique.

Je retiendrai deux choses de ces conditions météo. Premièrement, il s’agit d’une forte dépression, et qui dit basse pression dit vents violents, grosses vagues et violentes tempêtes. C’est exactement pour cela que ce bateau a été conçu. Deuxièmement, les manœuvres sont simples : il s’agit surtout de naviguer en ligne droite. En tant que navigateur, je suis toujours à la recherche de quelque chose d’un peu plus astucieux, d’un casse-tête météo un peu plus complexe, mais je pense que nous aurons droit à cela à l’approche de l’arrivée.

« Cette course sera une question de persévérance. Même si les bateaux plus récents ont parfois un avantage sur nous, tout peut encore se jouer sur la ligne d’arrivée. Tout est encore possible jusqu’à la fin, et nous devons garder cette mentalité bien ancrée. »

Précédent
Précédent

Suivez le départ de The Ocean Race Atlantic

Suivant
Suivant

Les stagiaires du programme « Believe, Belong, Achieve » découvrent Newport.