Francesca Clapcich prend le départ de la course vers le cercle polaire arctique à bord du 11th Hour Racing
© Maud Helfgott - polaRYSE / 11th Hour Racing
Dimanche 7 juin 2026, à 13 h 02 CEST (11 h 02 UTC), la navigatrice hauturière italo-américaine Francesca Clapcich (38 ans) a franchi la ligne de départ de la Vendée Arctique - Les Sables d’Olonne, l’une des épreuves les plus innovantes de la course au large. Cette course ne comporte ni parcours fixe, ni point de passage à contourner, ni itinéraire unique vers l’arrivée. La flotte, composée de neuf bateaux, mettra le cap sur le cercle polaire arctique en laissant l’Irlande à tribord, franchira la ligne de latitude de 66 degrés nord, avant de revenir aux Sables d’Olonne. Les décisions stratégiques des skippers détermineront le déroulement de la course dès les premiers milles parcourus.
Clapcich a déclaré : «Les premières 24 heures de cette course, dès notre départ des Sables-d’Olonne, vont constituer l’un des plus grands défis, car les conditions météorologiques s’annoncent compliquées. On prévoit très peu de vent au départ et nous devrons nous frayer un chemin à travers de nombreuses vagues hautes et longues. Je devrai être très concentré après le départ pour m’assurer de prendre les bonnes décisions dans les premiers milles avant d’entrer dans le prochain système météorologique. »
Après un départ sous vent faible, avec seulement cinq nœuds de vent, la flotte devra faire face à des conditions très variables tout au long de cette course de 8 à 10 jours. On prévoit en effet des vents pouvant atteindre 30 nœuds [34 mph | 55 km/h] et des vagues de quatre mètres au large de la côte sud-ouest de l'Irlande, ainsi que des courants forts et froids au large de l'Islande et des températures pouvant descendre jusqu'au point de congélation [0 °C].
© Eloi Stichelbaut - polaRYSE / NEFSEA / SAEM Vendée
«L’un des principaux objectifs de cette course est d’acquérir de l’expérience dans des conditions météorologiques difficiles, le genre de conditions auxquelles je risque d’être confronté dans l’océan Austral dans quelques années, lorsque je participerai au Vendée Globe. Mon bateau, le 11th Hour Racing, est conçu pour affronter les grosses vagues et les vents violents ; je veux donc le pousser à fond pour découvrir de quoi il est capable », a déclaré Clapcich.
Pendant la course, Clapcich soutiendra le programme de science citoyenne de la Vendée Arctique en déployant une bouée météorologique entre les 62e et 66e degrés de latitude. Cette bouée de 28 kg, équipée d’une ancre flottante de 15 mètres de long, mesurera la pression atmosphérique, la température de surface de l’océan et les courants à 15 mètres de profondeur ; les données seront transmises en temps réel à Météo France, l’administration météorologique officielle française.
Sébastien Peré, de Météo-France, a expliqué l'intérêt de ce programme scientifique. «Ces bouées nous permettent de prendre le pouls de la planète, d'acquérir une compréhension précise de la santé des océans, de surveiller l'évolution des courants marins et de suivre les effets du changement climatique, autant de données que les satellites ne sont pas en mesure de collecter directement. »
Le déploiement des bouées vers le nord fournit des informations précieuses aux scientifiques. «Il s’agit de zones où les données d’observation restent rares, c’est pourquoi le déploiement de ces bouées est si important pour améliorer les prévisions météorologiques dans ces régions»,a commenté Peré.
Il s’agit de la deuxième course en solitaire de l’année pour Clapcich, après s’être classée cinquième sur sept participantes lors de la 1000 Race, en mai, un parcours qui a conduit les navigateurs autour du golfe de Gascogne. Son temps et son classement à l’arrivée de la Vendée Arctique - Les Sables d’Olonne compteront pour sa qualification au Vendée Globe 2028, la plus grande course à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance autour du monde.