L'équipage franchit la ligne de départ de The Ocean Race Atlantic

La navigatrice italo-américaine Francesca Clapcich et son équipage ont franchi la ligne de départ de l’étape « The Ocean Race Atlantic » ce matin à 10 h 00 EDT / 14 h 00 UTC / 16 h 00 CEST à bord de leur voilier de course IMOCA de 60 pieds équipé de foils, le « 11th Hour Racing ».

Francesca Clapcich, seule femme skipper de la flotte, est accompagnée du co-skipper Alberto Bona (ITA) et des équipiers Elodie-Jane Mettraux (SUI/FRA) et Will Harris (GBR), formant ainsi un équipage paritaire, conformément à la toute première règle imposant une répartition 50-50 des équipiers dans l’histoire de l’épreuve. Julien Champolion (FRA) naviguera en tant que reporter à bord, un rôle qui n’est pas pris en compte dans la règle relative à la répartition hommes-femmes de l’équipage.

La flotte internationale, composée de six bateaux représentant les États-Unis, le Japon, la France, l'Allemagne, la Suisse et la Nouvelle-Zélande, a été saluée devant la Statue de la Liberté l'après-midi précédent avant de mettre le cap sur la ligne de départ, située à environ 120 milles marins de la ville. Ce départ au large a été mis en place en partenariat avec le Marine Mammal Advisory Group afin d’éloigner la flotte des eaux du port de New York, riches en baleines, et du corridor migratoire atlantique au sens large, tout en garantissant une traversée rapide et compétitive.

Pour Clapcich, le départ à New York revêtait une signification particulière. « C'est vraiment génial de représenter à la fois les États-Unis et l'Italie dans cette course. Je suis née en Italie, j'ai grandi en Italie, puis j'ai déménagé aux États-Unis – j'ai désormais la double nationalité. C'est tout simplement qui je suis, ma culture. »

En ce qui concerne la course elle-même, elle a clairement expliqué ce qui la motive. « C’est une course, donc je ne le fais pas uniquement pour l’aventure : nous le faisons parce que nous avons les capacités de bien naviguer, de pousser le bateau à fond et de rivaliser avec les autres bateaux autour de nous. C’est ce qui me motive dans ce sport. C’est un défi et nous voulons réussir. Notre bateau est performant dans les grosses vagues, les vents forts, au vent arrière et au largue — meilleur que n’importe quel autre bateau de cette flotte dans les conditions auxquelles nous pourrions être confrontés. J’ai hâte de me lancer. »

Will Harris, qui assume le rôle de navigateur, a donné son avis sur la traversée de six jours et demi qui les attend. « Nous avons un bon bateau, mais il a encore besoin d’attention. Nous allons lui témoigner tout le respect nécessaire tout au long de la traversée, car si nous ne le faisons pas, il ne nous ramènera pas », a-t-il déclaré.

« Nous partons à l'arrière d'une dépression qui se dissipe rapidement, tandis qu'une autre se forme juste derrière et traverse l'Atlantique à toute vitesse d'ici vendredi, poussée vers l'est par le courant-jet, droit vers notre ligne d'arrivée en Bretagne. D'ici dimanche, ce système aura évolué pour offrir exactement le vent dont notre bateau à foils a besoin : attendez-vous à voir la flotte filer à toute allure et rester groupée, avec une lutte acharnée dans des vents légers juste avant l'arrivée qui décidera de l'issue de la course. C’est une grosse dépression, et qui dit basse pression dit vent fort, grosses vagues, grosses tempêtes : exactement ce pour quoi ce bateau a été conçu. »

Crédit photo : Vincent Curutchet / The Ocean Race

Collecte de données scientifiques pendant la course

La flotte suivra le Gulf Stream – l’un des systèmes océaniques les plus importants et les plus vulnérables de la planète – et l’IMOCA de l’équipe, le « 11th Hour Racing », est équipé d’une unité EOP (Essential Ocean Parameter) de l’Ocean Race, un instrument automatisé qui mesure en continu la température de surface de la mer, la salinité, le dioxyde de carbone dissous, l’oxygène dissous et la pression atmosphérique. Avec environ 21 600 mesures par jour, ces données seront transmises en temps réel à des partenaires scientifiques, notamment le Centre Helmholtz de recherche océanographique GEOMAR de Kiel, l’Ifremer et le CNRS, contribuant ainsi à combler des lacunes cruciales dans l’observation des océans et la recherche climatique.

L'équipe de Francesca Clapcich porte également le « Nature's Baton » sur cette étape reliant New York à Lorient. Ce témoin lui a été remis sur le quai par l'actrice et défenseuse des océans Bailey Bass avant le départ de l'équipe de New York. Clapcich a rédigé un message destiné à l'océan et l'a glissé à l'intérieur de ce témoin symbolique dans le cadre du « Relay for Nature », une initiative fondée par The Ocean Race et Peter Thomson, l'envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour les océans. Les équipes se relaient pour transporter le témoin à bord pendant les courses et entre les sommets environnementaux afin de donner une voix à l'océan sur les enjeux qui le concernent. Le message de Francesca Clapcich disait simplement : «Nous essayons de prendre soin de toi, prends soin de nous, s'il te plaît. »

La flotte devrait arriver à Lorient, en France, vers le 8 septembre.

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