Jour 6 – Première étape aux Canaries, une étape importante
Et les bonnes nouvelles en provenance du 11th Hour Racing, participant à la Transat Café L’OR, ne cessent d’affluer.
Après avoir pris la tête de la flotte de 18 IMOCA au nord des Canaries, Francesca Clapcich et Will Harris ont non seulement conservé leur avance, mais ils l'ont également creusée.
Au cours des dernières 24 heures, alors qu'ils viraient de bord et mettaient le cap vers le sud, à mi-chemin entre les côtes du Maroc et Fuerteventura, leur avance est passée de trois milles sur leurs poursuivants les plus proches à plus de 20 milles sur un peloton de huit bateaux.
Tout au long de cette période décisive, alors que les vents étaient très faibles, la position de 11th Hour Racing à l'ouest et au sud du peloton s'est systématiquement avérée payante, le bateau étant presque toujours le premier à capter la nouvelle brise – et la brise la plus forte – avant ses rivaux.
Ce matin, au lever du soleil, le bateau naviguait au vent de travers à 18 nœuds sous un vent frais de nord-est, soit cinq bons nœuds de plus que les bateaux du groupe derrière, emmenés par Charal (+21,2), deuxième, puis Teamwork-Team SNEF (+22,8), suivi de près par Allagrande MAPEI et MACIF Santé Prévoyance.
À bord du 11th Hour Racing, l'équipage a eu le temps de célébrer une étape importante : ils ont été les premiers à atteindre les îles Canaries. Will et Francesca se trouvaient tous deux dans le cockpit plongé dans l'obscurité, observant le bateau sur l'écran du poste de navigation.
« C'est parti ! » s'écria Will. « D'abord les Canaries… Allons-y… Oups ! »
« Regarde ça, c'est sympa ! » ajouta Francesca avec un large sourire, visible dans le cockpit plongé dans la pénombre.
Puis Will reprit : « Ça y est, c'est parfait. Beau travail, hein ? »
« Oui ! » répondit Francesca tandis qu’elles se donnaient une petite tape dans la main pour se féliciter d’avoir mené à bien près de six jours impressionnants de régates.
En effet, ils ont su s'imposer aussi bien par vent fort que par vent faible. Tout au long de la semaine dernière, ils ont toujours été en lice pour les places sur le podium avant de prendre définitivement la tête dans des conditions qui n'auraient peut-être pas favorisé leur bateau face à certains de leurs adversaires. Par ailleurs, le bateau lui-même est en excellente forme.
La grande question qui se pose désormais pour eux est de savoir jusqu'où ils doivent descendre vers le sud pour échapper à l'ombre du vent des îles, avant d'oser mettre le cap à l'ouest en direction de la Martinique. La situation météorologique au sud et à l'ouest des Canaries est tout sauf simple, avec de vastes zones de calme qui perturbent les alizés.
Pour conserver la tête à ce stade, il faudra garder son sang-froid face au risque constant que les bateaux derrière ne prennent de l'avance en partant plus tôt. À l'inverse, 11th Hour Racing pourrait bifurquer vers l'ouest en premier, puis voir le peloton le dépasser en mettant le cap plus au sud.
Ces prochains jours s'annoncent passionnants pour cette 17e édition captivante de cette course transatlantique classique en double.
Ed Gorman