L'Ocean Race Europe, c'est fini ! Leçons tirées, changement de cap et prochaines étapes…

Quelle course ! L'Ocean Race Europe a été courte, intense et riche en enseignements, le genre de course à la voile qui vous tient en haleine du début à la fin. Les escales rapides ont sans doute constitué l'un des plus grands défis. Déplacer le bateau, l'équipe et toute l'organisation d'un bout à l'autre de l'Europe, à plusieurs reprises, en l'espace de six semaines, n'est pas une mince affaire. Mais c'est aussi là toute la magie de ce type de courses : cela nous a poussés à nous adapter rapidement, à rester vigilants et à garder un niveau d'énergie élevé.

© Flore Hartout I Équipe Malizia

Et bien sûr, cette course nous a permis de découvrir des endroits où l’on a rarement l’occasion de se rendre. Le Monténégro, par exemple, a été un véritable coup de cœur. Si la course ne s’était pas arrêtée là-bas, je ne suis pas sûr que j’aurais eu l’occasion d’y aller. C’est l’un des avantages de ce sport : on découvre de nouveaux endroits et on entre en contact avec des gens et des cultures que l’on n’aurait peut-être jamais rencontrés autrement.

Pour moi, cette course avait pour but avant tout de passer le plus de temps possible sur le bateau dont je vais désormais prendre les commandes. Chaque étape était l’occasion d’approfondir ma compréhension de ses performances et de découvrir comment le rendre plus rapide. Nous avons constaté des améliorations encourageantes, notamment dans cette plage de vitesse intermédiaire délicate, entre 10 et 13 nœuds de vent. Ce n’est pas forcément la condition dans laquelle ce bateau est le plus performant, mais nous avons réussi à réduire l’écart avec des modèles naturellement mieux adaptés à cette plage. J’ai eu le sentiment d’avoir progressé.

L'un des gains les plus importants est venu de la façon dont nous avons réglé les voiles et testé différents angles d'inclinaison. Nous avons également barré de manière plus active, surtout lorsque le pilote automatique n'arrivait pas tout à fait à trouver le réglage idéal. Ce sont de petits changements, mais leur effet s'est accumulé, et quand on se bat pour chaque dixième de nœud, ces détails comptent vraiment.

L'un des meilleurs aspects de l'Ocean Race Europe a été de partager le bateau avec un groupe de marins aussi talentueux. Will s'est imposé comme un navigateur dévoué, ce qui a fait toute la différence, surtout lors des étapes les plus complexes. Boris, comme toujours, a apporté son énergie et sa connaissance approfondie du bateau, tandis que Cole – qui avait moins d'expérience au départ – s'est rapidement révélé d'une fiabilité à toute épreuve, notamment à la proue.

Nous avons également eu l'occasion de faire tourner Justine et Loïs, et c'était génial de faire leur connaissance sur l'eau. Chaque navigatrice a apporté quelque chose d'unique, et je suis convaincue que c'est ce qui a fait la force de l'équipe : ce mélange de points de vue, de compétences et de personnalités.

© Marie Lefloch I Équipe Malizia

Le changement s'annonce : nous passons d'un équipage complet à la navigation en binôme, ce qui change tout : le rythme de vie à bord, la répartition des responsabilités, et même la façon dont on envisage de pousser le bateau à fond. À nous deux, impossible de se dérober. Quand l'un se repose, l'autre prend entièrement les commandes. On a parfois l'impression de naviguer en solitaire, mais avec l'assurance de ne pas être vraiment seul.

Will et moi allons disputer ensemble la Transat Café L’OR, et je me réjouis de cette collaboration. Nous nous relayerons souvent, collaborerons étroitement et adapterons le système de quarts en fonction du moment. Au début d’une course, tout le monde est sur le pont, à fond. Plus tard, une fois que les choses se sont stabilisées, il s’agit de trouver un rythme et de s’assurer que nous nous reposons tous les deux suffisamment. Le sommeil est essentiel ; l’objectif est de dormir six à sept heures par jour, car sans cela, les performances en pâtissent vraiment.

© Marie Lefloch

En ce moment même, le bateau est en route vers Lorient avec un équipage de livraison composé de Stu, notre capitaine, de Chanti (qui a rejoint l'équipe Malizia en tant que stagiaire pendant la course), d'Alberto Bona, qui pourrait rejoindre notre équipe à l'avenir, et de Noémie, notre ingénieure de projet qui apprend à connaître le bateau sur le bout des doigts en vue de la remise en état avant le TCO. C'est là toute la beauté de ce projet : chaque personne impliquée a un rôle qui compte vraiment.

Pour moi, les deux prochaines semaines seront consacrées à la fois au repos et à la préparation. Je vais rentrer chez moi pour quelques semaines afin d’être avec ma fille – des moments que je chéris, car je passe trop rarement du temps avec elle. Ensuite, je retournerai à Lorient pour les dernières livraisons, les essais et nos dernières occasions de tester de nouvelles solutions avant la Transat. Ce sera la première fois que je courrai sur ce bateau sous les couleurs de 11th Hour Racing – quelque chose dont je suis fier et que j’attends avec impatience.

Et bien sûr, je passerai du temps au Havre avec les partenaires, les sponsors et l'organisation de la course. Ces liens contribuent à faire vivre et prospérer ce projet, et ils me rappellent que cette aventure va bien au-delà des kilomètres que nous parcourons à la voile.

Francesca Clapcich

Francesca est la PDG de Team7Sailing

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